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 [Fiche perso Elfie]Alyosha

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Elfie
Cette semaine, Maître Jedi
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Messages : 1837
Date d'inscription : 31/08/2013
Age : 32

MessageSujet: [Fiche perso Elfie]Alyosha   Mer 9 Avr - 10:27


- Quoi? Qu'es't'as? Tu veux mon holo', Banthos de merde? Barres-toi!
- C'est quoi cette tornade?
- Oh ça c'est juste Al qui fait son numéro, fais pas gaffe. C'est si tu louche un peu trop sur elle que tu risques des emmerdes.

Ça c'est précisément Al. Le genre de nana à laquelle vaut mieux pas trop la faire. Et elle lève un joli majeur vers le Chiss avec qui elle était en train de se disputer avant que la "discussion" , restons polis n'en vienne au poings. Joli crochet. Faut dire, elle sait se battre plutôt brillamment la donzelle et elle a pas peur des coups. Avec la vie qu'elle mène, vaut mieux . Les deux jeunes gars qui commentaient la scène de rue de loin jugèrent plus raisonnable de faire demi-tour. Et ils avaient raison.
Vaut mieux pas se trouver embringuer avec Al... Suffit de traîner dans les bas-fonds de Delphes Prime pour savoir que ça n'apporte jamais que des ennuis!

Fiche identitaire:

Nom donné par la cité Delphes Prime: Stunderst
Prénom: Alyosha
Surnom: "Al"
Race: Proche-humaine non répertoriée.
Sexe: féminin
Age: 19 ans et sept mois
Famille biologique: inconnue
Famille tutélaire: Rhoohy Stunderst, 57 ans femme de race Arkanienne naturalisée Delphienne.
Profession: Pilote de la compagnie Bételgeuse.
État judiciaire: Délinquante juvénile. Bagarreuse, mise en garde à vue à plusieurs reprises pour coups et blessures. Fugueuse perpétuelle.


°Putain de cons, y pigent que dalle... °
Elle se relève, le dos en sang, le visage tuméfié. Pas par la bagarre. Merci Rhoohy. Et ça dure. Depuis toujours. Et elle se barre. Comme toujours.
Et jamais elle se plaint. Et jamais elle se plaindra. Parce que c'est pas sa nature. Elle serre les poings. Un jour... un jour, elle le lui rendra à cette salope!
En attendant... Delphes Prime allait voir de quoi Alyosha Stunderst était faite.


Portrait psychologique:

Alyosha est une jeune fille violente et instable. Établir une communication avec elle semble être particulièrement difficile dans la mesure où elle est hostile à tout le monde. Un réflexe d'auto-défense dont l'on ignore encore s'il s'agit de ses rapports avec les bandes de jeunes délinquants ou de sa tutelle qu'elle passe sa vie à fuir. Sur ce dernier point de toute évidence, elle garde une colère contenue à l'évocation de sa tutrice. Il est quasiment impossible de savoir jusqu'où cette jeune fille est capable d'aller, son goût du risque et sa recherche du danger sont proportionnelles aux événements qui lui arrivent. Elle vit à toute vitesse et sans considération aucune du bon sens commun. Malgré tout, aucun de ses coups ne semble gratuit même si elle est de nature querelleuse. Elle semble avant tout sur la défensive.
[Extrait de dossier médical]

Al est une jeune fille franche et directe, même si dans son cas la communication passe souvent par des coups. Paradoxalement, elle ne se livre pas facilement à la confidence et est naturellement méfiante envers tout le monde. Quand elle ne sait comment réagir ou qu'elle veut s'isoler, elle se mure souvent dans le silence.
Elle a un don particulier pour "sentir" le fil des événements, passé présent et parfois à venir sans avoir besoin d'explications, ce qui la rend vive d'esprit même si elle ne parle pas beaucoup et rarement sans y mettre un langage relativement vulgaire selon la sollicitation. On peut dire qu'elle a grandi au petit bonheur, sa tutelle légal lui ayant fait plus de mal que de bien. Si elle est violente et bagarreuse, en revanche elle n'est ni égoïste ni insensible et aura tendance à se mettre en défense de plus faible qu'elle, ce qui le met dans une perpétuelle galère.
La question-piège est celle de son appartenance raciale qu'elle souffre de ne pas connaître. En recherche permanente de ses origines, elle a gagné rapidement ses galons de pilote, espérant découvrir ses racines au cours d'un voyage.



Portrait physique:

Alyosha serait une belle jeune fille... si elle s'en donnait la peine. En général, on la trouve assez négligée et souvent égratignée ou blessée de ses bagarres récentes. Elle porte les cheveux courts coupés en dégradés. Leur couleur particulière d'un vert pâle identique à celui de ses pupilles lui donne une apparence singulière. Visiblement, il s'agit bien de sa couleur naturelle même si elle ne s'étale pas dessus. Elle porte continuellement des lunette de pilotage autour du cou ou dans les cheveux et en général arbore des tenues assez masculines. On peut le dire: c'est un vrai garçon manqué. Même si l'on ignore son espèce, les relevés médicaux indiquent pour son âge une corpulence moyenne, essentiellement musculeuse et une taille relativement petite ne dépassant pas le mètre soixante deux.



Jeunesse:

Couchée sur le dos dans le vaste manteau neigeux, tournée vers le ciel, elle regardait l'immensité qui lui faisait face. Quelque part son foyer, son VRAI foyer. Dans l'azur de ses pupilles brouillées par la douleur se reflétait un rêve d'évasion.
Peut-être, quelque part, quelqu'un qui la regrettait.
Ses paupières virent clore à moitié son regard vitreux. Elle ne se sentait plus la force de lutter. Son corps meurtri de toute part accusait tant et tant d'ecchymoses et de blessures qu'il semblait être devenu une plaie vivante. Elle étira lentement ses lèvres fendues en un vague sourire, réveillant quelques coupures. Le froid et la faiblesse l'anesthésiait. Autour de son visage tuméfié, ses cheveux turquoise formaient une étrange auréole sur ce fond pur. Cet ange dans la neige n'avait pas grand chose de céleste.
La douce poudre blanche autour d'elle se teintait progressivement de pourpre. Elle se sentait engourdie, lasse, prête à s'endormir.
Ce sommeil là ne verrait plus jamais de réveil douloureux.

***

-Al !

Elle sursauta, se redressa de son siège de pilotage dans le cockpit du Cargo léger YT-1930 sur lequel elle travaillait le plus souvent, et fit face à Takika en se redressant, rajustant sur son front ses lunettes qui lui avaient glissé sur le nez. La Chiss circonspecte de ce manque de sérieux croisa les bras.

- T'es pas payée à rêvasser ! On a besoin d'un pilote sur le cargo 9, Tanjee pourra assurer la maintenance de l'Elion seul tant qu'il reste à quai. Allez files ! Tu sais que tu devrais être à l'agence à cette heure-ci en principe ! Je ne devrais pas avoir à te courir après !

La gamine se leva d'un bond avec une belle souplesse et obéit à Takika, mais la seule chose qui l'empêchait de râler était le désir de garder son emploi. Être pilote était la seule chose, l'unique activité qui lui procurait un tant soit peu de satisfaction. Elle se sentait libre, une fois aux commandes. Saluant sa supérieure d'un geste, elle hocha la tête pour lui faire comprendre qu'elle avait comprit la leçon et fila hors de l'appareil en direction du quai où était amarré le cargo numéro 9. Elle ferma les yeux, chassant de sa mémoire les images résiduelles qui la hantait avant l'arrivée de Takika et prit une grande inspiration.

Alyosha était un des plus jeunes pilote pourvu d'une réelle expérience au spatioport de Delphes Prime. En effet, elle avait passé tellement de temps à hanter les docks à la recherche d'une fuite en avant qu'elle avait apprit à voler avant l'âge syndical. L'agence Betelgeuse n'avait pas été trop regardante sur ce plan là lorsqu'elle l'avait recrutée, voyant plus à la sécurité d'un esprit sûr et appliqué, à une visible expertise qu'à la civilité de ce poids-plume. Al avait depuis longtemps gagné ses ailes.

Alors qu'elle arrivait en vue de son appareil du même modèle que celui qu'elle avait quitté, son regard tomba sur un homme -probablement le nouveau copilote de l'appareil 9- qui la dévisageait en souriant, l'ayant vue arriver. Elle se renfrogna et arriva à sa hauteur, les bras croisés. Il se déplia de l'appui qu'il avait prit contre la carlingue, tout sourire.

- Bonjour mademoiselle Stunderst ! Je vous imaginais... Plus grande.

Elle contempla avec un détachement sceptique son nouveau copilote dont l'humour était à revoir et le dépassa. Humain visiblement, dans la vingtaine, cheveux clairs et cours et un sourire en coin qui l'énervait déjà.

- Personne ne m'appelle comme ça, tout le monde m'appelle Al, et il faudra faire avec ce que je suis. On a pas intérêt à traîner, l'heure de départ de ce convoi est proche.

Et sans l'attendre, elle grimpa dans l'appareil. Si ce type d'engin n'avait pas requit deux personnes, elle se serait bien passé d'une présence quelconque. Le quai 9 donnait sur l'immensité polaire qui entourait Delphes Prime. Elle frissonna, se remémorant les images qui l'avaient poursuivies en rêve plus tôt. Son nouveau copilote arriva un instant après et prit place.

- Vous êtes délicieuse ! Je vous assure, délicieuse ! Et quel talent pour la conversation ! Puisque vous le demandez, je m'appelle Sven Carik, et je crois que nous avons un ami commun hors du boulot.

Elle effectuait la mise en marche des moteurs lorsqu'il acheva cette phrase et posa sur lui un regard incrédule.

- Franchement, ça m'étonnerait. Enclenchez les moteurs auxiliaires.

Sven gloussa mais s'effectua avant de répondre.

- Pourtant vous l'avez rencontré il y a peu. Un homme qui s'appelle Dockson. Vous lui avez payé un verre ! Il m'a dit le plus grand bien de vous !

Elle se raidit. De tout les scénarii possibles, celui là devait être un des pires. Delphes n'était donc pas assez grande pour que ce type ne lui accorde pas la faveur de lui foutre la paix ? Lentement, elle tourna la tête vers Sven, réalisant avec horreur que le voyage allait être long. TRES long.
Devant son silence, Carik se mit à rire.
- Pas de commentaire ? Même pas de questions ?
- Non.
- Allons ! Pourtant vous devez bien vous demander pourquoi ce cher Dox m'a envoyé à vous ! C'est que vous l'intéressez drôlement ! Vous l'avez amusé, je crois. Remarquez, maintenant que je vous vois je le comprends. Cette couleur de cheveux, c'est naturel ? De quelle espèce est-elle caractéristique ? Vous êtes toujours aussi souriante et bavarde ?

Elle serra les dents et les commandes pour retenir quelques sarcasmes. Carik avait le don de mettre de doigt sur ce dont elle n'avait absolument pas envie de parler. Elle d'habitude prudente prit un départ un peu abrupt qui les recala l'un et l'autre au fond de leurs sièges.

- Hey ! Du calme ! Ce genre de trucs c'est pas bon pour votre licence.
Elle le regarda de nouveau, le temps de répondre sèchement.

- Vous ne vous taisez jamais ?

Carik gloussa de plus belle. Il semblait prendre un malin plaisir à ce petit jeu. De plus, sa proie ne pouvait pas s'échapper. Dockson lui avait confié la filature d'Al le soir de leur rencontre et il n'était pas peu fier de sa mise en scène pour la confronter sans possibilité de retraite. Et malgré le silence nerveux de la jeune fille aux commande, il continua.

- Entre vous et moi, on fait une moyenne... Au fait, on véhicule quoi ?
- Fret de nourriture depuis la lune d'Astor jusqu'à Delphes.

Elle avait daigné répondre de mauvaise grâce. La journée avait mal démarré, et son inquiétude par rapport aux images qu'elle revoyait par flashs réguliers n'arrangeait rien. Toutefois, Carik sembla enchanté qu'elle daigne au moins lui répondre partiellement.

- En voilà une jolie voix ! Vous voyez quand vous voulez !

Elle se fit violence pour garder son calme et programma l'ordinateur de bord pour leur destination. Carik comprit qu'il n'obtiendrait rien de plus en continuant à la braquer et changea de tactique d'approche, suivant chacun de ses gestes du regard.

- C'est bizarre, en vous regardant, on aurait du mal à croire que vous soyez Alyosha Stunderst, pilote galonné dont Betelgeuse a l'air si fière...

La flatterie glissait sur elle, pragmatique dans l'âme, mais la remise en question de son niveau interpella la jeune fille. Elle répondit avec détachement.

- Vous vous attendiez à quoi ? Vous avez mené votre enquête, vous pouvez dire tout ce que vous savez à votre copain Dockson et soyez gentil de lui demander de m'oublier !

Tout en assurant la manœuvre de vol, Carik répondit avec un sourire en coin.

- J'adore quand la beauté et le caractère font bon ménage.

Elle allait pester une nouvelle fois lorsqu'elle fut de nouveau saisie par sa vision récurrente et ferma les yeux un instant.
Quelque chose ne tournait pas rond. Même un crétin l'aurait comprit. Mais ce n'était pas son genre de s'affoler ou de montrer ses angoisses. Elle demanda platement.

- Dockson vous envoie pour quoi exactement ? Il veut me tuer ?

- Peut-être quand vous ne l'amuserez plus. Pour le moment, il veut surtout jouer avec vous et ce n'est pas déplaisant pour moi non plus ! J'aurais pu tomber plus mal ! Mais pourquoi cette question ?

- Pour rien.

***

Le « cadeau » de Dockson suivait Al depuis leur attribution d'équipage sur le cargo 9. La jeune fille aurait tout aussi bien apprécié le laisser sur la lune d'Astor ou le perdre par inadvertance au cours d'une escale, car il semblait que Carik aie prit une réelle vocation à la suivre comme une ombre.
L'agence Betelgeuse les avaient convoqués de bonne heure. Elle avait encore du mal à comprendre pourquoi on l'affublait d'un pareil numéro. Elle avait la sensation de ne pas le mériter.
Elle arriva dans le bureau de Takika, revêtue de son uniforme de pilote, nette et coiffée avec application, ce qui lui était peu courant. Ainsi vêtue, la jeune fille semblait stricte, rigoureuse, étrangement adulte malgré son apparence juvénile. La Chiss sourit et la fit asseoir. Quelques instants plus tard, ce fut au tour de Carik de passer la porte et prendre place dans le bureau de l'intendante. Celle ci prit alors la parole.

- Bien. Je vous ai fais venir tout les deux parce que j'ai besoin de personnes intègres connaissant bien Delphes pour une tâche délicate. Al, je sais que tu remplis ce rôle. Quant à vous, Carik, comme vous êtes encore à l'essai dans notre compagnie, disons que je considère votre présence comme un plus et un possible test pour la suite. Pour vous expliquer la mission qui vous attend, une de nos futures recrues est bloquée depuis quelques temps à Alpha Centauri. Un jeune élève très prometteur que Betelgeuse voudrait pouvoir finir de former au pilotage. Comme Alpha Centauri est éloignée et que les routes sont d'une sûreté très relative, je préfère envoyer des personnes de notre agence dans la prochaine caravane.

La chiss prit un datapad et le tendit à Al.

- Votre protégé s'appelle Eloan Kariel, tout les renseignements à son sujet et son portrait robot sont là dedans. Notre campagne de formation commence bientôt, aussi j'aurais besoin que vous puissiez faire le trajet rapidement. Je me suis renseignée pour vous avoir des places dans la caravane au départ de demain. Des questions ?

Al prit la parole.

- Oui, une seule : je peux assumer cette mission sans aide et il existe d'autres campagnes de mise à l'épreuve, pourquoi mettre Carik sur cette mission ?

L'homme gloussa mais le regard de Takika le fit taire. Elle répondit.

- Chacun doit avoir sa chance Al. Tu es bien placée pour savoir que c'est important. Vois ça comme un bonus de réussite... J'ai terminé. Si nous sommes d'accord, vous pouvez disposer.

A la sortie du bureau de Takika, Carik rejoignit Al d'un pas rapide.

- Ce n'est pas très gentil d'avoir voulu me semer... Que dois-je faire pour entrer dans vos bonnes grâce, belle enfant ?

Elle se retourna vers lui, les bras croisés.

- Un, commencez par vous taire, deux, laissez moi respirer et on en reparlera !

Elle ne lui faisait pas confiance, il l'agaçait souverainement et elle rêvait d'un moment tranquille, mais elle devait bien s'avouer que Carik avait un bon fond. Pour le moment. Il ne se privait pas de la taquiner, mais s'arrêtait toujours avant la méchanceté. Elle se surprit à hésiter lui laisser une chance...
Le départ eut bien lieu le lendemain avec la première caravane. Alors que les voyageurs s'éloignaient de la capitale dans les véhicules tractés par les bêtes de trait pour s’enfoncer dans la toundra neigeuse, Al réprima un frisson qui n'était pas lié au froid. Chaque congère lui ramenait en mémoire ses visions incessantes de sa propres mort. La neige, le sang... Elle ne cessait de revoir la même scène, toujours plus souvent, toujours plus détaillée. Quel qu'ai été le danger, il était proche.
Elle ne savait pas à quel point.

Arcaskel s'était mêlé aux passagers. Il la surveillait de loin depuis longtemps. Elle. Cette souillure alien que personne ne pouvait identifier, cette impudente qui avait osé lui tenir tête... Alyosha Stunderst.
Il avait enfin trouvé l'opportunité de l'isoler, de la voir seule à seul. Et de régler ses comptes.
Les caravaniers avaient dressés le camp au soir de leur première journée de route. La plupart des voyageurs s'étaient répartis par affinités ou par tentes individuelles. Al avait souscrit à cette option. Elle sentait bien le danger tout près mais ne se fiait à personne pour l'affronter. Une ombre se glissa lentement dans sa tente. Elle se retourna vivement et fit face à un humain qu'elle ne connaissait que trop. Les yeux plissés, dents serrés, elle se raidit.

- Arcaskel... J'aurais dû m'en douter...

***
Il faisait froid dans cette partie de Delphes, et le froid, Sven Carik n’aimait pas ça... Originaire de Tatooine, l’humain n’était pas vraiment habitué aux températures négatives. C’est principalement pour cette raison que l’homme se leva aux aurores pour retrouver sa... Mission. Envoyé par Dockson pour garder un œil sur elle mais surtout pour lui rendre la vie insupportable, il prenait un malin plaisir à faire ce pour quoi il était ici. En même temps, pour un coureur de jupon notoire tel que Carik, rendre la vie impossible à une jolie nana était presque son quotidien..
Ainsi il sortit de sa tente sans prendre la peine de faire un brin de toilette après le réveil et traversa le camp pour se rendre chez Al‘ et bien commencer son début de journée en pourrissant le sien. Sans prendre la peine de prévenir il entra dans l’habitation temporaire de la gamine des rues, pour se rendre compte qu’elle était...

- Vide ? Mais qu’est c’qu’elle fout... Bah, t’façon elle pourra pas aller bien loin toute seu..

Son attention fût attirée par une étrange marque sur le sol, une tâche rouge, comme... Du sang. Il s’approcha lentement et se mit à genou pour mieux voir. C’était encore humide, ça ne remontait pas à bien longtemps. Il mit un doigt dans le liquide rouge et le porta à ses lèvres.

- Hmm.. Voilà un goût que j’connais. Et qu’annonce rien d’bon.

Il regarda aux alentours, l’air embêté plus que réellement inquiet puis vit que les traces continuaient encore plus loin dans la tente ainsi que de manifestes marques de lutte. Il lui fallut ensuite peu de temps pour se rendre compte que les traces menaient à l’extérieur de la tente puis, à l’extérieur du camp lui-même. Lui qui devait garder un œil sur elle en toutes circonstances, ça le faisait pas vraiment si sa cible mourrait en pleine mission... Après la mission, il ne s’en préoccupait pas vraiment, mais pas pendant ! Du moins, pas tant que Dockson ne l’avait décidé. Suivant les traces de sang d’un œil attentif, il profita d’être dehors pour allumer une cigarette tout en marchant maintenant hors des sentiers battus. Puis quelques courtes minutes plus tard, il tomba sur elle...
S’il n’avait pas vu sa poitrine bouger, il aurait juré qu’elle était morte.
La gamine allongée dans la neige, la peau légèrement bleuie par le froid gisait, sa combinaison partiellement déchirée et zébrée de larges stries pourpres qui imprégnaient ses vêtement de larges tâches sombres. Elle avait dû se défendre à en juger par l'état de ses mains. Une coupure lui marquait le visage, ainsi que quelques empreintes de coups. Elle ne réagissait pas à l'approche de Carik.

Cependant, aussi graves puissent-être les blessures de la jeune fille, Carik ne s’anima pas plus que ça. Elle était en vie, c’est tout ce qu’il lui fallait, Dockson n’avait pas spécifié l’état dans lequel elle devait l’être. Tirant un coup sur sa cigarette il s’approcha du corps d’Al, à la limite de l’inconscience. Il cracha la fumée en l’air puis se mit à genou à côté d’elle, se penchant légèrement pour mettre sa tête juste au dessus de la sienne. Ainsi, elle pourrait le voir sans faire d’effort. Et oui, c’est quelqu’un d’attentionné, faut pas croire.
Il passa la main devant ses yeux plusieurs fois pour voir une possible réaction.

- Y a quelqu’un ?

La jeune fille mit quelques secondes mais ses pupilles réagirent aux appels de Carik.
Ce n’est que quelques minutes après l’avoir enfin trouvé qu’il se posa la question sur le pourquoi de son état. Après un court constat de ses blessures il avait pu voir que c’était le travail d’une lame, or, à sa connaissance, peu de créatures sauvages, tout du moins à Delphes, maîtrisaient les armes blanches. Ou alors c’était des humanoïdes, ou des créatures avec des membres aiguisés... Nan, idée stupide, se disait il intérieurement, si de telles créatures existaient, je les connaîtrais depuis longtemps... Perdu dans sa réflexion sur la faune locale, il se rendit compte qu’en la laissant ainsi la pauvre gamine des rues ne durerait pas bien longtemps... Il fallait agir. Et en plus de ça, il fallait agir vite.

- Rahlala... Faudra me dire merci après, sinon j’vais pas être content...

Il la prit par les épaules, la souleva légèrement pour poser son bassin à hauteur de ses épaules et ainsi la transporter facilement et le plus rapidement possible.
Fumant toujours sa cigarette avec décontraction, il prit le chemin du retour avec une Al à moitié morte sur les épaules. Histoire de ne pas faire sauter sa couverture, perdre son travail et donc sa place dans cette caravane il prit l’initiative de paraître un minimum affolé lors de son retour au camp. Ce qui, en soit, était plutôt logique.
Les tentes en vue, il lança sa cigarette au sol, l’écrasa du bout du pieds tout en crachant les derniers volutes de fumée puis se racla la voix.

- Sven, c’est ton jour, sois fort.

Disait-il pour s’encourager, alors que la pauvre fille sur ses épaules était en train d’agoniser. Puis il se mit à courir le plus rapidement possible, ne faisant pas attention aux éventuelles secousses que pouvait ressentir Al. Une fois à hauteur des tentes, des responsables de la caravane accoururent vers lui tout en appelant le médecin responsable des personnes présentes. L’homme, aux lunettes rondes et à la longue barbe noire, se pencha sur Al visiblement stupéfait. Lui qui devait avoir l’habitude de s’occuper de ce genre de convois ne devait pas vraiment avoir des cas comme celui-ci tout les jours...
Tout en administrant les premiers soins il s’adressa à Carik.

- Puis-je savoir ce qu’il s’est passé ? Vous vous êtes battus ?

- Oh ! Jamais de la vie je ne brutaliserais le sexe faible ! Pour qui me prenez-vous, Docteur ? C'est mon associée !

- Excusez-moi.. Mais j’essaie de comprendre.

- J’aimerais comprendre également, vous savez. Je suis venu tôt ce matin pour la réveiller, et j’ai vu des traces de sang qui m’ont mené jusqu’à elle. J’ignore vraiment ce qu’il a pu se passer, mais ça devait être violent...

- Oui, ça je peux le confirmer. Bien, vous autres, aidez-moi à la transporter jusqu’à l’infirmerie. Vite, vu l’état dans lequel elle est, on va avoir du travail pour la garder en vie.

Ces derniers mots n’avaient pas vraiment sonné harmonieusement aux oreilles de Carik. Même s'il se préoccupait peu de son état, sa mort éventuelle n’était pas une bonne nouvelle.
Dockson n’était jamais très aimable avec ceux qui échouaient. Il regarda les hommes s’éloigner au loin avec Al’. Il irait la voir plus tard, en attendant il devait voir deux ou trois choses.
Un rôdeur plutôt violent traînait dans le coin et s’en prenait à celle qu’il devait surveiller. Pas protéger, il devait juste la surveiller, et agir seulement en cas de danger mortel.
Bon, cette nuit là il dormait, ce n’était pas vraiment sa faute. Mais l’idéal serait que ça ne recommence pas... Tout en allumant une nouvelle cigarette, il ne quittait pas des yeux l’infirmerie où se trouvait Al, entre la vie et la mort. Il allait devoir retrouver celui qui voulait du mal à Al, et surtout le faire seul en attendant le réveil de la première intéressée.

- Ah.. J’peux pas avoir une mission simple de temps en temps...

Elle courrait. Le froid extérieur lui mordait le visage, lui brûlait les poumons, rien de comparable pourtant à la douleur que l'entaille à sa hanche éveillait en elle à chacun de ses gestes.

Arcaskel la poursuivait, gagnait du terrain. Elle n'avait aucune chance de lui échapper si loin de Delphes Prime, au petit matin dans un camp endormi, elle l'attira donc à l'écart, essayant de profiter du terrain. L'intervention de l'humain dans sa tente avait été sans équivoques : à peine entré, sans s'encombrer de discours, il avait tenté de l'immobiliser. Elle s'était débattue, l'avait frappé. Avait-il initialement l'intention de la tuer ? Elle aurait juré que oui, même s'il semblait d'abord désireux de la posséder. Dans leurs précédents rapports de force, ce n'était pas une nouveauté même si Al ne l'avait jamais laissé arriver à ses fins. Et le solide uppercut qu'elle lui décocha, le privant de deux dents le fit passer directement à sa seconde idée. Ils s'étaient battus. Il avait sorti une arme qu'elle n'avait pas pu arrêter. Elle n'avait pu s'échapper que par chance, réussissant à l'immobiliser d'un solide coup de genou à l'entrejambe. Mais elle avait seulement gagné un peu de temps.

Elle l'entendait derrière elle la rattraper peu à peu et avec un grognement rageur, poussa ses muscles au maximum de leurs capacités. Dans la neige, elle pourrait le semer. Elle n'aimait pas le froid, mais elle y résistait.
Les pas derrière elle se rapprochaient. Elle tenta de forcer l'allure mais avait atteint ses limites et la plaie béante à sa hanche la vidait de ses forces autant que de son sang. Elle sauta par dessus une congère formée par le vent et roula dans la neige. Comme elle s'y attendait, Arcaskel eut plus de mal à freiner son élan et dû faire un écart pour la rejoindre. Machinalement, la gamine chercha une arme quelconque, mais sa combinaison en était dépourvue et le décor autour n'était pas riche en possibilités. Rattrapant la distance qui les séparaient, Arcaskel l'attrapa à la gorge.

- Sale raclure, tu croyais t'en tirer comme ça ? Je vais te faire regretter d'être venue au monde...

- Docteur, elle s'agite...

Avait murmuré une des caravanières qui s'était dévouée pour veiller la blessée.
Le médecin du convoi se pencha sur sa patiente qui donnait l'impression de se débattre faiblement avec un fantôme. Il releva une paupière pour examiner sa pupille. Elle n'était pas en phase d'éveil, il n'expliquait pas ses mouvements désordonnés. Dans l'état où elle était, elle n'était tout de même pas en train de rêver...
Il soupira et repoussa les cheveux qui gênaient son visage. Il avait contacté les opérateurs de convoyages de Delphes Prime. Dans l'état où elle était, il ne pouvait guère espérer bien mieux que la maintenir et la stabiliser en comptant sur un rapatriement rapide, -moins d'une demi-journée avec une équipe express- pour les soins avancés. La personne qui l'avait attaquée, si l'on pouvait bien parler de personne ne valait guère mieux qu'une bête-fauve. Même avec les soins adaptés, il n'aurait pas juré de la survie de la jeune pilote. Cela étant, elle avait surprit tout le monde à résister aussi longtemps et aussi bien à ce triste état. Une humaine de corpulence similaire n'aurait même pas survécu à un retour au campement. Le fait d'ignorer à quelle espèce il avait affaire n'arrangeait pas la situation. Ce qui était curatif pour certain pouvait s'avérer toxique pour d'autre, comment savoir quel traitement appliquer sur cette jeune femme s'il ne savait même pas ce qu'elle était ? Il avait du moins réussi à la maintenir avec quelques soins de base.

Carik qui avait inspecté le camp à la recherche du malotru qui avait osé pourrir sa mission revint vérifier qu'Al n'avait pas passé l'arme à gauche. Il ne tenait pas spécialement à contrarier Dockson. C’était assez risqué pour sa santé sur le court terme. Toujours avec cette décontraction qui le caractérisait il passa l’entrée de l’infirmerie du camp et se dirigea de suite vers l’infirmière en charge d’Alyosha. Son air léger lui donnait l’impression de ne pas se préoccuper véritablement de l’état de sa collègue, ce qui visiblement déplaisait à la jeune femme. Avant d’aller prendre des nouvelles de la gamine, il l’inspecta brièvement pendant quelques secondes. Il n’était pas un inspecteur de génie, mais il pouvait toujours trouver sur son corps peut être un indice, quelque chose qui lui permettrait d’en savoir un peu plus sur l’identité de ce mystérieux agresseur... Mais l’humain effectuait les recherches avec peu d’entrain. Déjà las de sa mission mais pressé de rentrer à Delphes Prime, il décida d’aller directement voir l’infirmière quand il remarqua enfin quelque chose...
Dans son délire la jeune femme gardait le poing gauche serré fermement, et la fièvre ne la faisait que redoubler d’effort. Cela n’était pas vraiment important, tout du moins au premier regard, mais en s’y penchant un peu plus il put voir qu’un morceau d’étoffe y était coincé, un tissu de couleur pourpre. Al ne portait pas cette couleur quand Sven l’avait retrouvé à l’extérieur du camp, et il ne lui semblait pas avoir vu la jeune femme arborer ce coloris. Ce n’était pas non plus la couleur des uniformes des caravaniers... Forçant sur le poing de la blessée il put récupérer le bout de tissu. Ce n’était peut être pas grand-chose, mais ça faisait toujours un début, se disait-il.
Remarquant sa manœuvre peu discrète, l’infirmière en charge d’Alyosha s’approcha de Carik, le toisant d’un œil suspicieux. Devant une telle approche, l’instinct de Carik ne lui dicta qu’une chose : Prendre les devants.

- Infirmière de mon cœur, j’ai juste une petite question... Dois-je lui apporter les derniers sacrements ou je peux m’occuper de mes affaires l’esprit tranquille ?
- Vous êtes prêtre ?
- Pas plus que vous n’êtes prise ce soir... En début de soirée ?
- Alors vous êtes bel et bien prêtre...

L’air visiblement déçu, Carik reprit son courage à deux mains et se focalisa sur Al.

- Bref... Elle va mourir ?

L’infirmière regarda la jeune femme encore inconsciente, plongée dans un sommeil artificiel apparemment mouvementé. Elle avait l’air inquiète, mais aussi frustrée de ne pas pouvoir en faire plus.

- Si nous arrivons à temps à Delphes Prime, elle s’en sortira. Mais le temps nous est compté, ici nous sommes limités dans par nos moyens.
- Hmm.. Je vois. Bon, comme j’peux rien faire de plus j’vais m’occuper de mes affaires l’esprit tranquille, en attendant si jamais elle y passe ou qu’elle se réveille... Vous avez la fréquence de mon comlink.
- Non.
- Ah ! Permettez-moi de corriger cette erreur alors...

Sven lui glissa alors une carte métallique de ses coordonnées, puis sortit de l’infirmerie. Il ne possédait qu’un bref indice, une piste qui pouvait tout aussi bien le conduire dans une impasse.
Par chance la caravane ne comptait pas un nombre important de voyageurs, tout au plus une cinquantaine ce qui, en enlevant les caravaniers comme les protecteurs ou le personnel de santé, lui laissait le temps de trouver l’agresseur avant le retour à Delphes Prime.
Ainsi Sven, qui se préparait mentalement à observer chaque voyageur, à fouiller chaque habitation à la recherche du vêtement d’où l’étoffe était originaire, sortit de l’infirmerie pour commencer son enquête quand il percuta un homme. L’humain, emporté par sa propre motivation n’avait pas vu que quelqu’un rentrait au moment où lui sortait... Il s’excusa puis passa son chemin, l’esprit toujours préoccupé. Quand il s’arrêta d’un coup. L’homme qu’il venait de croiser portait un vêtement de couleur similaire, et de plus l’infirmerie était vide mise à part Al... Il ne semblait pas être médecin, que pouvait-il aller faire là bas ?
Carik n’hésita pas une seconde et fit demi-tour avant de rentrer rapidement dans l’infirmerie. Le corps sans vie de la pauvre infirmière au sol semblait confirmer son hypothèse : cette enflure allait finir son boulot. Carik enjamba sans grand respect la dépouille de la jeune femme puis courut vers le lit d’Alyosha.
Il se tenait là, debout juste à côté de lui, immobile. Tourné vers la jeune femme endormie il était dos à Carik, mais il l’avait visiblement entendu arriver.

- Qui-es-tu ?
- Ça on s’en fout mon pote, l’important c’est que t’as rien à faire là.
- Tu n’en sais rien. Tu ne sais pas ce que je suis venu faire.
- Bon, déjà t’as une attitude super flippante, donc je doute que tu sois venu lui porter des fleurs... De deux, t’as quand même buté la nana que j’comptais voir ce soir. Et de trois, faut pas être un crack pour comprendre que tu veux finir c’que t’as commencé.

Arcaskel se retourna lentement et fixa Carik dans le blanc des yeux. L'homme était de stature moyenne et trapue, les cheveux rassemblés en mèches brunes désordonnées, le regard bleu plus dur que de l'acier. Sous sa tunique pourpre se distinguaient un jeu d'armes impressionnant. Un tueur à n'en pas douter. Et de toute évidence il ne voulait pas de témoin gênant dans les pattes.

- Bien... Je crois que je vais m’occuper de toi en premier alors. Approche donc.
- ... Tu plaisantes ? Tu crois vraiment que j’vais venir me faire planter ?
- Raah !

Arcaskel n’était pas vraiment d’humeur à plaisanter, c’est ce que réalisa Carik quand il vit son vis-à-vis lui foncer dessus, une vibro-lame à la main. Un coup latéral, facilement esquivé, lui fit faire un pas de côté. Il leva les mains et parla d’une voix un peu plus forte, plus énergique.

- Oh ! Hey attends ! Pourquoi tu veux m’buter ?

L’homme ne prit pas vraiment la peine de lui répondre et chargea un autre coup que Sven esquiva en se jetant au sol. Ce n’était pas vraiment un combattant, même s'il possédait une certaine expérience qui lui dictait les bons réflexes à avoir. Tout en se relevant il chargea sur son adversaire et l’attrapa au niveau de la taille, le soulevant légèrement pour le laisser s’écraser au sol. Sous l’effet du choc Arcaskel manqua de lâcher sa lame, mais la rattrapa aussitôt et la planta dans l’épaule droite de Carik. L’homme cria de douleur, un cri suffisamment puissant pour ameuter la moitié du camp. Bientôt beaucoup de monde serait là, et Arcaskel semblait l’avoir compris. Toujours avec cette même lame il tenta de le frapper à la gorge même Carik se recula pour éviter l’attaque. Les deux hommes face à face, la tension était palpable. Le temps manquait, il fallait régler rapidement les affaires en cours, sinon ça allait mal se passer... Pressé par le temps Arcaskel chargea dans un cri désespéré pour tuer son ennemi. Mais Sven vit l’attaque arriver de loin et attaqua à son tour, attrapant la main qui tenait la lame pour la retourner contre lui. De sa main libre, Arcaskel stoppa sa propre main qui tenait la lame au niveau de sa gorge. Un coup habile, maintenant c’était la force des deux hommes qui allait déterminer l’issue du combat...
Seulement cette issue n’aurait jamais lieu. Des protecteurs arrivèrent dans l’infirmerie alarmés par le cri de Carik. D’un puissant coup de tête Arcaskel détourna l’attention de son adversaire et se détacha de son étreinte pour prendre l’issue de secours et fuir les lieux le plus rapidement possible. Al était toujours en vie, au moins c’était ça. Mais ce qui retint son attention à cet instant c’était que lui, il avait faillit perdre la vie au cours de cette rencontre. Cette mission s’était révélée être beaucoup trop dangereuse à son goût. Les hommes arrivèrent, menaçant Sven de leurs fusils blasters. Il leva les mains au ciel et s’adressa aux gardes, quelque peu irrité.

- Putain baissez –moi ces flingues ! C’est moi ! J’ai gueulé parce qu’un taré m’a transpercé le bras ! J’suis le pilote qu’accompagne la blessée !

Les soldats le regardèrent quelques instants puis baissèrent leurs armes, comprenant que le réel agresseur était en train de leur filer entre les doigts. Tous se précipitèrent vers la sortie que Carik leur avait indiqué, mais lui il ne les avait pas accompagné. Il tournait en rond juste à côté du lit de Al. Il avait pas signé pour ça. Lui, il devait juste rendre impossible la vie d’une pilote que Dox avait repéré. Jamais il n’avait été question d’un tueur fou, sinon il aurait laissé la place à un autre, sans hésitation.

- Putain Dox... Quand je rentre...

Quand il rentrerait il essaierait sûrement de lui casser la gueule. Comme il avait déjà maintes et maintes fois essayé, mais jamais vraiment réussi. Trop énervé, il donna un violent coup de pieds dans le lit d’Alyosha, ce qui fît basculer le meuble et tomber la gamine au sol. Il la regarda chuter du lit sans vraiment réagir. Après tout c’était de sa faute s'il en était là.

- Et merde...

Il s’approcha de la jeune femme et la tira, sans la moindre délicatesse, pour la remettre sur le lit. Il en profita pour piquer dans la poche de sa combinaison de pilote son paquet de cigarette légèrement tâché de sang. Un peu calmé, il s’assit sur le sol, adossé au lit dans lequel dormait Al et alluma sa cigarette. Maintenant il retrouverait sûrement Arcaskel, mais pas pour la nana derrière lui. Cet homme avait essayé de s’en prendre à lui.
Il fallait savoir une chose : ne jamais s’attaquer à un membre de la bande de Phyleas T. Dockson. Mais bizarrement, peu de personnes auraient été capables d’expliquer pourquoi.

Al quant à elle, témoin inconscient de la scène et seule réelle détentrice de la situation se concentrait sur sa survie. Arcaskel avait attendu qu'elle soit isolée pour frapper, ce qui ne laissait rien augurer de bon. Elle avait pourtant reçu des mises en garde et était passée outre. Si elle avait été éveillée, sans doutes aurait-elle prit la résolution de plus de prudence à l'avenir. Arcskel était toujours dans la nature et rien ne laissait présager qu'il avait renoncé.
Ce fut l'équipe de rapatriement qui interrompit la pause de Carik en récupérant la jeune femme. L'homme les suivit. Non. En talonnant Al, il ne savait vraiment pas dans quoi il avait mis les pieds.
Toutefois, ils rentraient à Delphes Prime, en terrain connu, pour l'un comme pour l'autre.
Ce n'était que le début de cet étrange duo mal assorti.




Delphes reprenait un train de vie presque normal compte-tenu des nombreux et sombres événements qui avaient frappés la capitale et par extension, tout le système Delphien.
Al avait bien mis à profit ce répit pour récupérer de ses blessures d'une part, et semer un peu Dockson et ses toutous. Sven arrivait bien à lui remettre la main dessus de temps en temps mais la gamine était rouée et connaissait mieux le Troisième Cercle qu'il ne le ferait jamais.

Il n'était pas près de lui remettre la main dessus.
Sûre d'elle, elle déambulait dans les ruelles crasseuses dont certaines ne voyaient que rarement la lumière. Marcher l'aidait à réfléchir. Quelque chose ne tournait pas rond dans ce soudain retour au calme. Dame Haniva n'était pas le genre à capitler, les instances Delphiennes non plus... On entendait plus guère parler des Jedi ou des Sith, moins encore des esclavagistes, Mandaloriens en quête de gloire et autre espèce en voie de disparition.

Ce qui n'augurait rien de bon. Al n'était pas de la dernière averse: moins ils en sauraient au sujet de toute les menaces qui pesaient sur leurs têtes, plus elles frapperaient fort et ferait du mal. Pour elle, il n'y avait pas de bons ni de méchants, elle les rangeait tous au même niveau: des crétins capables de déclencher une guerre pour des idées.

Ses pas l'amenèrent sans qu'elle s'en rende compte au tout premier logement qu'elle avait occupé avec Rhoohy et elle frissonna en regardant la porte électronique fracturée.
Il y avait longtemps qu'elles avaient quitté cette partie du district, et l'endroit en désuétude avait été pillé et abandonné.
Les premiers souvenirs d'Al avaient ce lieu pour décor.
Machinalement, elle entra.

Ses yeux mirent quelques secondes à accoutumer, mais avant que sa vision ne s'habitue à l'obscurité, une forte odeur de charogne vint saisir ses narines. Sur la défensive, elle tira un blaster de sa ceinture. Le port d'une arme était récent. Il datait de sa dernière agression. Et de Sven.

Les contours se dessinèrent à sa rétine. La pièce où elle se trouvait donnait une image de parfait chaos, ce qui n'avait pas été volé traînait ça et là détruit et en chantier, une parfaite vision d'apocalypse.
Et au milieu de tout ce bazar gisait le corps de Rhoohy, mutilé et décapité. Sa tête reposait un mètre plus loin, dans un sale état, mais parfaitement reconnaissable.

Al retint un cri de surprise et porta la main à sa bouche, prise d'une violente nausée. Elle détestait Rhoohy, cette dernière l'avait élevée par profit et la battait autant que possible. Mais ce qui restait d'elle était insoutenable.
La gamine sortit promptement et avala quelques goulées d'air frais, le cœur battant, adossée à la bâtisse, cherchant à rassembler ses idées.

Que faisait Rhoohy dans le secteur? Et qui lui avait fait ça? Son esprit travaillait aussi rapidement que pouvait battre son cœur sous l'impulsion de l'adrénaline. Quelque soit son agresseur, il les connaissait s'il avait trouvé sa tutrice à cet endroit précis.
Ce n'était pas une agression au hasard, elle en était certaine.

Reprenant son courage et quelques inspirations, elle retourna à l'intérieur et soutint le spectacle pour chercher quelque chose qui aurait pu la mettre sur la piste.
Le corps de l'Arkanienne avait été tailladé avec une lame laser, et ne laissait pas de trainée de sang. Contournant le cadavre, la pilote vit quelque chose briller légèrement au niveau du sol, réfléchissant la lumière chiche émanant de l'entrée. S'agenouillant pour observer l'objet, elle porta la main au sol pour s'en emparer. Une plaque, un pendentif. Il n'était pas tombé là par hasard et ni Rhoohy ni elle ne possédait ce genre d'accessoire. Elle l'empocha et regagna la sortie pour l'observer à la lumière.

L'insigne ne lui était pas familière. Sur le métal, gravé et noirci dans des sillons était stylisé un soleil noir.
Une petite voix lui murmurait que le calme n'allait pas durer.
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