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 [Fiche] Shawn Harding

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AuteurMessage
Elfie
Cette semaine, Maître Jedi
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Messages : 1837
Date d'inscription : 31/08/2013
Age : 33

MessageSujet: [Fiche] Shawn Harding   Sam 31 Aoû - 16:33

Shawn Harding


une citation juste ici




♦ Nom; Harding
♦ Prénoms; Shawn
♦ Age; une trentaine d'année en apparence / 1174 en réalité
♦ Lieu & Date de naissance; 28 Aout 841 ap. JC à Gazorhàn (Perse – plateau iranien)
♦ Etat Civil; Célibataire / Marié / Divorcé / AutresVeuf
♦ Groupe souhaité; Créature
♦ Etude(s) ou Profession; Britlingan
♦ Ascendance/Descendance; Qu'en est-il de votre famille?...rien de particulier.
♦ Vos pouvoirs; Pour ceux qui en ont Quasi-immortalité
♦ Ambitions; Régler une dette, ce qui promet de ne pas être de la tarte, et retourner régner sur Britlinga jusqu'à ce que le temps soit venu pour son neveu (ou son fils, on sait pas) prenne la relève !



Si tu devais te décrire tu dirais...



▌ PHYSIQUE; remplissez simplement les champs...
₪ Taille: 1m84
₪ Poids: 90Kg
₪ Couleur et longueur des cheveux: châtain foncé aux épaules
₪ Couleur de peau: blanche
₪ Couleur des yeux: bleus
₪ Style vestimentaire: élégance décontractée
₪ Autre chose à nous faire savoir: Non


▌ SIGNES PARTICULIERS; Remplissez simplement les champs de façon exhaustive, ne venez pas nous sortir un cicatrice de guerre de 15cm si elle n'a pas été faite en rp et/ou si elle n'apparaît pas ici.
₪ Allergie(s): Aucune
₪ Tatouages(s): Non
₪ Cicatrice(s): Une, le long de l’aime, bleutée par une poudre (artère fémorale)
₪ Opération(s): aucune en particulier.
₪ Maladie(s): Non
₪ Piercing(s): Non
₪ Autre(s): RAS

▌ CARACTÈRE;
• Courageux
• Inventif
• Honorable
• Loyal
• Tenace
• Energique
• Plein d’esprit et d’intelligent
• Jovial

• Belliqueux
• Possessif
• Certains côtés d’enfants gâtés
• Misogyne
• Impatient
• Arrogant
• Se montre cruel avec qui a attiré ses foudres
• Intolérant


Et sinon? Tu as des choses intéressantes à nous raconter sur toi?




D'oùviens-tu? Où et comment as-tu grandis? Des choses marquantes durant ton enfance?


Rien n’est jamais facile dans la vie. C’est une règle immuable. Quel que soit le statut social, quel que soit la provenance, quel que soit le pays. Azar, tel fut son nom originel, celui qui lui fut donné par l’orphelinat. Azar fils de personne. Ou plutôt, si, la forteresse d’Alamut venait d’être érigée, il y avait les premières garnisons qui s’y étaient succédées avec le lot de parasites habituels qui suivaient les armées. Donc Azar, fils de soldat et de prostituée sans doute.
Comme affiliation on faisait pire, mais il n’était pas le seul. Ouf. Ils étaient cinq à être arrivés la même année. Chiffre record, Gazorhàn était et reste un petit village. Par la force des choses, ils devinrent vite amis. Dans les petits villages, c’est facile : on a le même âge, on se retrouve forcément à se côtoyer de près. Et puis, ce n’était pas comme si les orphelinats étaient le grand luxe. Aussi, l’adversité créait les proches. Et mêmes s’ils étaient encore petits, la force des choses les avaient rapprochés, l’adversité et le reste : téter le même sein, même personne qui s’occupent d’eux dans leurs langes, et ceux, jusqu’à ce qu’ils puissent se débrouiller sans nourrice. A partir de là, ce fut le même tarif que les autres : strict minimum et pour les moins grands, il s’agissait de mendicité. Parce qu’il fallait faire le mur en douce pour voler.
Il ne put commencer à voler qu’à partir d’un certain âge, huit ans pour être précis. Là, ce furent les plus vieux qui lui apprirent comment passer par la fenêtre du renier étage et se suspendre le long du mur pour atteindre la sous-pente du toit, se rapprocher du sol et se laisser tomber pour accéder au reste de la rue, une ruelle plutôt, qui menait à l’artère principale
Mais la loi de la rue est assez particulière, plutôt dure aussi, et si on lui apprit à fuguer, ainsi qu’à voler à la tire les bourses des badauds qui ne faisaient pas attention, la Grand’route d’Alamut était assez fréquentée. Tout le monde avait sa chance pour commencer le larcin, mais ceux qui ne réussissaient pas…. Enfin, mieux vaut ne pas en parler.
Fort malheureusement, ce fut le cas d’un des membres de leur petite bande. Il s’appelait Arzhang, c’était un garçon bien. Le bâtard du boulanger, la ressemblance était trop grande pour qu’une quelconque confusion soit possible, déjà à cet âge-là, il était bâti comme un colosse, deux têtes de plus que les autres, trois fois plus large. Il aurait sans doute été un homme fort plus tard. Le pire, c’était qu’il s’agissait d’un homme bien.
Ils se sont mis à trois sur lui, trois plus grands que lui pour le maitriser pendant que le chef du groupe, celui qui contrôlait les profits des larcins l’attachait avec une corde en chanvre avant de le plongé, pendu par les pieds, dans le puits principal…. Et personne n’a bronché. Ce type était déjà un grand, un adulte, et cette scène, comme son nom resterait longtemps gravé dans sa mémoire. Il avait à peine une dizaine d’années, et pour la première fois, il voyait la mort. Il en cauchemarda pendant plus d’un an.
A onze ans Il fut assez grand pour soi-disant se débrouiller tout seul et l’orphelinat l’expulsa. Il commença à vivre dehors, tentant de larciner pour survivre, n’ayant pas de lieu fixe pour dormir, il devait se débrouiller. Pareil pour la fuite, si il était pris, il risquait sa main, alors forcément… Tant qu’il réglait sa part au chef, il vivrait…. Jamais, jamais, il ne voulait subir le sort d’Arzhang.


Comment c'est passé ton adolescence? La puberté et tous ses changements? La libido qui se réveille? La naissance et/ou la découverte de ce que tu es, si c'est le cas? Étais-tu un ado difficile? Croquais-tu la vie à pleine dent? Et la sexualité dans tout ça? Tes rapports avec l'autre sexe? ...


Le gosse n’eut jamais vraiment le temps de vivre une jeunesse. Manger pour vivre, vivre pour manger et surtout survivre jusqu’au lendemain. D’autant qu’avec la présence de la garde qui se faisait de plus en plus suspicieuse ! Elle devenait plus efficace, plus rusée. La lutte devait tellement difficile qu’Azar devait souvent sauter un repas ou deux, quitte à ne pas manger certains jours. D’un autre côté les bourses étaient nettement plus grosses, nettement plus fournies, notamment parce qu’un marché venait de s’ouvrir : la promiscuité avec la forteresse offrait une sorte de protection supplémentaire.
Le marché avait ouvert ses portes grâce aux routes qui menaient vers les ports de la mer Caspienne, tout au plus deux jours de marche. Voilà qui avait de quoi forcément de quoi ouvrir des portes. Mais le gros avantage, c’était sa position stratégique militairement parlant. A l’entrée des terres, elle interdisait l’accès à l’envahisseur et sans doute avait-elle été bâtie pour cela d’ailleurs. Mais les retombées économiques étaient telles que les villages autour n’avaient cessé de s’étendre au point de devenir une ville grouillante d’activité.
D’ailleurs, il manqua de se faire couper la main pour vol. Le coup le plus marquant se passait lorsqu’il avait une quinzaine d’années tout au plus. Il avait réussis à voler des fruits. Une petite panière de fruits assortis, un festin de roi ! En cette saison, c’était rare, rare et cher. Et trop bien gardé pour lui.

Il s’était approché par un toit – en cette région, les toits étaient plat du à la rareté de la pluie, d’autant plus que les toits servaient de terrasse en général. Il s’était agi d’une forme d’approche en silence et en dessous, il y avait l’étal du marchand. Et deux gardes en faction. Ou deux mercenaires sans doute. Il avait souri et avait laissé descendre une corde en chanvre, faisant en sorte de ne pas être remarqué. Il avait ouvert la besace de laquelle s’échappait une odeur. Des opiacés volés sans doute, et, au milieu, une magnifique couleuvre. Il l’avait saisie avec délicatesse et l’avait laissé glisser vers les vases, dans la boutique, avant de casser une jarre avec une pierre.
Alerté, le marchand était allé voir et descendant le long de la corde, il avait réussi à saisir une corbeille de fruits en douces. Puis il était resté paralysé, il venait de croiser un regard. Sous les voiles il y avait une paire d’yeux noirs comme la nuit, en amande, ils étaient particulièrement beaux. La burka l’avait empêché de voir davantage, mais il avait été captivé. Et si son regard l’avait attrapé et emprisonné quelques secondes de plus, il aurait déjà perdu sa main.
En effet, elle avait poussé un léger petit cri, assez pour le faire sursauter et réalisé qu’un des mercenaires abattait sa paluche sur son épaule. Il avait fait un rouler bouler en avant et avait attrapé la corde pour commencer à monter en appui sur le mur. On lui avait saisi le pied et empêché de monter. Et la jeune fille avait lancé un fruit pourri sur celui qui l’empêchait de partir alors qu’au dessus, Azar prenait une violente suée de peur.
L’homme l’avait lâché, et deux jours plus tard, pour s’être ainsi opposée, la jeune fille aux yeux envoutants avait été lapidée pour ce qu’elle avait fait. Il resta choqué, ayant assisté à toute la scène il comprenait que la première fois qu’il avait été envoûté était finie pour la simple en bonne raison que l’envoûteuse était morte… Premier chagrin d’amour, un amour fulgurant, juste d’un regard… et une trouille bleue.

La seconde fois se remarqua pour d’autres raisons. L’émir d’Iran, sous les ordres du calife, devait procéder à un recensement de la population sous le regard d’Allah ! Il s’agissait d’une grande année, en effet, le premier né du calife avait vu le jour pour la première fois et pour honorer Allah, tous les émirs devaient montrer combien le peuple élu de Dieu était prospère, au travers de l’économie et de la croissance de la population.
Très pieu, celui d’Iran. Le vénéré Abu Jawad avait décidé de diriger lui-même les opérations dans les grandes villes, aidé de l’armée du califat résidant à Alamut, entre autres. Il s’agissait d’un évènement de grande ampleur, ce qui signifiait que la ville était en fête ! C’était la liesse populaire ! Sans être chéri par le peuple, il était juste et clément. Le premier à faire preuve d’exemple aux yeux de la population. Et de toute manière, même s’ils le détestaient, c’était pareil. On honore un envoyé du commandeur des croyants comme il se doit, après tout !
La fête fut grandiose, même les mendiants eurent des restes en abondance ! Ce fut un festin pour tout le monde. Seulement voilà, quand on va chercher des restes trop près de la table, on tombe sur un pépin, ou plutôt sur un garde. Il fut refoulé vers la sortie mais parvint à fausser la compagnie au garde-chiourme pour bousculer quelqu’un. Il s’agissait d’un homme d’âge mur, sans doute une bonne cinquantaine d’années bien tassées, une légère barbe grisonnante et idem pour les tempes. Il avait un regard à la fois perçant et empreint d’une sagesse que seule donnait l’expérience, qu’elle soit bonne ou mauvaise.
L’homme l’avait regardé avec d’abord un air de dégout. Mais le jeune homme qu’était Azar ne se laissa pas démonter. C’est cela la rue, baissez les yeux et vous n’avez plus qu’à lécher les babouches. Sommant les gardes de le jeter de hors et de lui donner le bâton pour la peine, il put voir Azar se défendre comme un beau diable et même envoyer son coude en plein milieu de la carotide, lui coupant définitivement le souffle. L’homme commença par se violacer puis devenir bleu avant se mettre à se convulser, comme s’il avait du mal à respirer, il avait porté la maison à sa gorge comme si quelque chose était. Le deuxième avait commencé à sortir son cimeterre quand l’homme qu’avait bousculé Azar l’interrompit d’un regard. Un regard plein de l’autorité naturelle si peu présente chez les hommes communs.
Le garde s’était aussitôt incliné devant l’homme et il avait pris la parole. Il se mit à parler au jeune homme d’environ dix-sept ans, assez fort pour être considéré comme adulte. Il était peut être sale, mais dans les yeux d’Azar brûlait une farouche envie de s’en sortir ! Une soif de survie des plus développées. Une lueur au fond du regard et en même temps sans doute quelque chose qui faisait que le garde s’était immédiatement concentré sur son arme. Comme un autre instinct de survie.
Il s’agissait ni plus ni moins que de l’émir en personne. Il s’agissait de la personne la plus puissante qu’il avait jamais pu froisser. Et pourtant d’un seul coup, il lui sembla vieux et misérable… comme si les ans pesaient sur lui. Il avait eu un petit sourire et lui avait dit qu’il le surprenait, qu’il ne s’agissait pas de courage, mais de témérité, de folie. Son discours est encore gravé dans sa mémoire.

« Vois-tu, gamin, tu viens de me souiller en me bousculant, quand mes gardes ont obéi à mes ordres, je t’ai vu te défendre. Te crois-tu donc au-dessus des lois ? J’édicte les lois et tu crois que je vais te laisser, un jeune impertinent, guère plus qu’une mouche qui me tourne autour. Tu as mis en danger la vie d’un soldat d’Allah ! Tu mériterais de mourir sur le champ pour ton blasphème !
Mais, je pense que tu peux te racheter en servant Allah, viens avec moi et si tu montres le même courage devant mes fils que devant moi. Alors, peut être que nous pourrons faire quelque chose de toi… »

Il l’emmena dans la capitale de l’émirat : Ctésiphon. Dans cette ville, il fut étonné par le grand contraste entre la pauvreté et la richesse, entre l’humilité et l’opulence. Sur place fil fit la connaissance des deux fils de l’émir : Faramarz et Ehsan. Le jeune homme fit grande impression, peut-être parce que s’il n’était pas aussi bien bâti, il était particulièrement agile, du à ses années de rapine, ça vous forge : des jambes solides et des bras bien dessinés.
Vous savez ce qui est amusant quand on est fils d’émir ? On est intouchable, sous peine de sanction. Aussi quand il brisa le nez d’Ehsan, l’émir comprit qu’il avait eu raison. Il était capable de mieux que de larciner pour gagner sa vie. Et après de longs palabres avec le califat, il parvint à avoir le droit de l’adopter, au bout de presque cinq longues années d’efforts….


Parlons un peu de ta vie d'adulte à présent? As-tu fais des études? As-tu une profession? Si oui pourquoi ce choix ? As-tu connu des tournants dans ton existence?
x

Passer de la misère au luxe. Cela à de quoi vous tourner la tête, vous ne pensez pas ? Si, bien sûr que si, vous connaissez ou du moins vous imaginez bien cette réaction. Et c’est sans doute ce qui se passa pour Azar, ou du moins faillit bien se passer. N’allez pas imaginer un homme sans faiblesse, sans défauts. Pour quelqu’un qui n’a jamais rien eu, tout avoir est un grand choc, ça lui aurait fait drôle. Le jeune homme était dans nun vrai palais. Ses appartements étaient aussi grands que le marché de Gazorhàn ! Des jardins magnifiques avec des arbres fruitiers et de magnifiques cèdres libanais, de grands sycomores, plein d’autres arbres et des bassins artificiels ! Il y avait des esclaves qui obéissaient à sa moindre demande ! Et ses vêtements étaient taillés dans la soie la plus fine, et même pour certains, cousus de fils d’or ou d’argent ! De beaux vêtements, de belles femmes, de beaux appartements, et une famille. Il n’avait jamais osé rêver d’avoir autant !
Mais l’émir était un homme plein de bon sens et quitte à canaliser son nouveau fils, il lui imposa des journées bien remplies, il avait tant de choses à rattraper. D’un côté, il apprenait tout ce qu’un prince devait savoir au terme culturel, il devait comprendre l’économie, l’histoire, les mathématiques, la logistique, la gestion, en bref, trop de choses compliquées qu’il avait du mal à comprendre. Il était loin d’être parfait. D’un autre côté, il avait aussi du mal à comprendre la discipline, et plus encore il avait du mal à la respecter, chose complexe quand ion se retrouve au beau milieu d’exercices militaires ! Les arts martiaux étaient en effet la deuxième partie de son apprentissage, stratégie, manœuvre, combat avec une arme (distance, corps à corps,…) ou à mains nues.
Il avait du mal à apprendre. Il était sans doute trop vieux pour apprendre quoique ce soit, trop réfractaire à l’apprentissage, jusqu’à ce que l’émir lui mette un ultimatum, soit il faisait des efforts, soit il risquait de se retrouver dans un trou perdu à jouer les ambassadeurs avec une peuplade de sauvages !
Je ne sais pas si ce fut le ton ou les propos formant la menace, mais d’un seul coup, il fut étonnamment perméable à l’apprentissage. Certes, il était toujours difficile pour lui d’apprendre tant de choses de manière aussi dense. Il en avait trop et l’émir semblait détester l’idée de voir l’un de ses fils comme étant un inculte, et un ignare. L’ignorance était, et demeure, quelque chose de très grave en ce monde et en même temps un tort inexcusable.

Les années d’apprentissages passaient Azar se sentait de moins en moins à son aise ainsi. Il se sentait souvent faux, sauf quand il exécutait des manœuvres militaires. En tant que fils de l’émir, il commandait sa propre troupe ! Etrangement, quand il se battait, que ce soit pour un entrainement ou pas, il se sentait à son aise et montrait une habileté particulièrement grande à cela, à dire vrai. C’était quelqu’un de très bon dans son domaine. Mais l’émir n’était pas un homme qui recherchait un entourage de gens bons, non, il recherchait l’excellence et voulait lui-même y tendre. Un exemple comme toujours. Ne pas demander plus aux autres que ce qu’il demandait à lui-même. C’était aussi simple que cela ! Cette règle permettait d’obtenir à la fois respect et admiration de la part des gens en présence. C’était la seule manière de régner convenablement selon lui. En cas de famine il n’y avait pas de repas plus frugal qu’à sa table, en cas de pénurie d’eau il était le premier à en limiter sa consommation. Il n’était pas forcément suivi sur tous ses exemples, mais c’était ainsi qu’il gouvernait en demeurant admiré malgré ses erreurs aux commandes. Il n’était pas le gouverneur parfait. Mais l’économie était bonne, les villes bien entretenue, une sécurité loin d’être mauvaise comparée à d’autres émirats. Le bilan était satisfaisant sans être parfait !
Toujours était-il que cette excellence, il la recherchait dans chacun de ses enfants. Chacun à sa manière sans doute. Trois fils, trois face différente de pouvoir. Plus le temps passait et plus l’émir voyait dans ces enfants un triumvirat effrayant. Faramarz était un homme qui inspirait la confiance du peuple, généreux et juste en même temps, il était la face du pouvoir qui plaisait le plus au peuple. Eshan était le gestionnaire, le mathématicien, le savant. En lui se concentrait toutes les qualités d’un dirigeant idéal pour le commerce, l’économie, les entretiens des canaux, …etc. Le dernier, Azara fils de rien, Azar l’adopté était quant à lui vénéré au sein des armées malgré son jeune âge. Il déplaisait aux généraux à cause de ses manières indisciplinées, la piétaille l’dorait. Un dirigeant de l’armée qui ne se gênait pas avec eux. Il se battait avec eux, s’enivraient avec eux. En bref, bon nombre seraient mort pour lui.
C’est sur sa proposition que l’on recréa un corps d’armée sous son commandement. Sa jeunesse, sa fougue inspirait les soldats. Et l’histoire le plongeait parfois dans les souvenirs de plus belles périodes de vie de ses ancêtres, la campagne de Xerxès, de Darius, il avait entendu parler du corps des immortels que les armées perses possédaient et cette élite le faisait rêver. Les plus grands soldats perses. Toujours le même nombre, un était remplacé dès qu’un autre tombait. Ils étaient incroyables, ils avaient vaincu partout où ils étaient allés…. Persépolis et Gaugamèles avaient été leurs seules défaites.
Un petit corps d’armée peu nombreux fut créé sur leur modèle, un petit corps composé d’à peine un petit millier d’hommes, guère plus, le califat ne l’aurait pas accepté. Mais ce petit corps d’armée sous sa direction était plus symbolique que réellement l’élite. C’était une manière de mettre en avant leur héritage, leur origine. Pour aller plus loin, il faut se rappeler par où on est passé ! Règle fondamentale de la vie ! Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre !

Le jeune homme se formait se forgeait, jusqu’au jour où il se mit à gagatiser avant l’âge ! Il n’était jamais laissé pour compte vis-à-vis du beau sexe. Notamment les moments de détentes avec la lingère ou la chambrière, par exemple, mais là, ce fut différent. Il avait bientôt trente ans et n’avait pas encore choisi d’épouse, au grand dam de son père qui avait fini par croire qu’il était inverti. Il se rendit bien vite compte qu’il se trompait lourdement !
Le calife, puisse Allah le bénir, avait décidé de faire le tour de son califat, aller à la rencontre de tous ses émirs pour une forme d’inspection, aurait-on pu dire. Et le palais avait été préparé. C’était une période faste et pleine de richesse ! La pêche avait été abondante, les récoltes, belles. Les animaux étaient gras et bien nourris (sans farine animale bien évidemment !). Le festin serait somptueux, il n’y aurait pas moins d’une paire de centaines d’invités, entre le calife et les gens de sa suite. Père avait fait préparer un cadeau particulier pour le commandeur des croyants. Il s’agissait d’un couple de lions des montagnes et de magnifiques chevaux pur-sang de la lignée descendant du cheval du prophète ! Ajoutez à cela de la soie à profusion et voyez comme ces cadeaux étaient magnifiques et précieux !
C’était un honneur de recevoir cet homme sous leur toit ! Un tel honneur que les prières de père étaient nombreuses pour souhaiter les bienfaits d’Allah au calife.
Et quand il arriva, ce fut le choc. Elle était dans ceux qui suivaient le calife et lorsqu’il les présenta, il apprit qu’il s’agissait d’une nièce. Une nièce dont la couleur des yeux éteint étrange, on aurait dit une sorte de mordoré, chose aussi rare que les yeux bleus d’Azar en y réfléchissant bien. Il aperçut à la dérobade une mèche de cheveux blonds… étrange pour ces lieux. Mais quand il parla au calife et osa lui demander opù était les parents de sa nièce, alors il eut une réponse sèche mais claire ! Son frère avait épousé une Libyenne, une incroyante et elle avait déteint sur sa fille, aussi lui demanda-t-il sur le ton de l’ordre de ne pas se préoccuper d’elle.
I9mpossible.
Ses yeux se mirent à hanter ses pensées, sa mèche de cheveux se mit à danser devant ses yeux. Une forme d’obsession qui naquit dans ses entrailles, elle le nuait et le détruisait de l’intérieur. Tellement qu’il finit par s’en ouvrir à père. Pour celui-ci, ce ne fut pas d’inquiétude, juste du rire, de la joie, et des exclamations. Il devait être heureux que son fils ne soit pas de l’autre bord, et sans doute aussi ravi d’entendre d’autres petits pas dans le palais, des pas d’enfants. Car il était amoureux, et père ferait tout pour que le mariage ait lieu !
Ce fut vite accepté, le calife semblait à la fois flatté et soulagé ! Il était flatté parce que cela restait sa famille et soulagé parce qu’il aurait la fille des frasques de son frère qui ne serait plus à sa charge ! C’était quelque chose d’incroyable ! Nul n’avait vu de mariage plus beau depuis une bonne dizaine d’année !
Le jour où, devant le calife il prit le main de sa futur épouse et fut marié par le commandeur des croyants ! Vous n’imaginez pas l’honneur que cela représente, mais peut être imaginez-vous le bonheur ressenti quand il déposa un baiser au travers du voile sur les lèvres de la jeune femme qui était désormais son épousée ! Ce fut sans doute son plus beau souvenir et en même temps, cela devint son pire cauchemar. A jamais dans sa mémoire resterait le visage de la jolie beauté Libyenne, du sang au coin des lèvres, la surprise dans ses yeux, la longue flèche empennée de plume noire qui dépassait de sa poitrine et les mots restés coincés dans sa gorge.

Il s’agissait d’un mois particulièrement chaud et sec, et la grande tente qui servait de demeure temporaire au prince ne parvenait pas à calmer l’impression d’être étouffé et oppressé par un air épais et désagréable. Le désert s’étendait à perte de vue. Il n’existe rien de plus beau que cela. Mais le temps n’allait pas avec la mer de sable, ce n’était pas bonne période de la journée. On cuisait au sens propre au soleil. Et il n’y avait pas de léger vent pour mettre à l’aise. Il ne manquait plus qu’un détail pour noircir le tableau : l’absence d’oasis à proximité. La seule présente était à deux jours de marche à pied en continuant de suivre la piste des chameaux !
Sous la tente avaient été disposés des tapis du pays pour être plus à l’aise et de petits coussins dans lesquels on s’asseyait et on s’enfonçait pour être bien installé avant de faire quoi que ce soit. Pour tout lit, il n’y avait qu’une simple paillasse qu’il partageait avec son épouse., épouse qui n’aurait jamais du être avec lui ici et qui aurait dû rester au palais, mais elle avait insisté pour le suivre alors que lentement, son ventre s’arrondissait. Il n’avait jamais autant rayonné de bonheur.
Il était ici pour mater une petite révolte, rien de bien transcendant, mais assez pour causer quelques ennuis financiers si les raides allaient assez loin. Aussi, avec quelques unités, il avait reçu un ordre simple : massacrer la rébellion. Il avait reçu sous cette même tente les dirigeants pour les prévenir que si un seul village cachait des dissidents, il serait rayé de la carte. Ils l’assurèrent de leur plus complète assistance. Tu parles.
A peine deux heures plus tard un rebelle parlait et un village avait été incendié et détruit. Il ne restait que quelques murs debout et derrière la colonne armée venait une colonne d’esclaves. Pas tous parfaits mais qui trouveraient bien une utilité dans les champs des oasis. Il n’y avait pas de quoi se plaindre. Ils n’avaient, au moins, pas été massacrés. Aux yeux d’Allah il y avait des gens nés pour être des vainqueurs et d’autres nés pour être des perdants. La vie allait ainsi. Jusqu’à ce qu’ils tombent dans une belle embuscade ! Et pourtant, la veille au soir, il était là, dans sa tente, avec son épouse qui, délicieuse, lui massait doucement les jambes endolories. Comme une épouse devait être au service et à l’écoute de son mari. Elle avait étalé sur ses mollets, ses genoux et ses épaules une douce pommade à base de feuilles d’acacia broyées mélangées de graisse de bœuf. Cela soulageait les douleurs d’une longue marche à pied en compagnie de ses soldats. C’était aussi pour cela qu’il était particulièrement apprécié. Il avait passé la journée de marche à leur parler,. Il ne se souvenait pas de tous les noms, mais de nombreux, et cette proximité faisait toute sa fierté et l’admiration e ses hommes.
Allez, peut être une petite anecdote : une nuit, alors qu’il partageait la garde pendant une partie de la nuit avec d’autres soldats autour d’un feu. L’un d’eux s’était levé en même temps que lui : le prince allait faire sa ronde. L’homme issu de la piétaille lui proposa son manteau tant la nuit était fraîche dans le désert. Il avait refusé, prétendant que sa loyauté envers le Calife et sa foi en Allah le réchauffait pleinement. Et on en rirait presque ces même mots prononcés par un autre, mais venant d’Azar, ça vous fouette le sang. Ça réanime vois sentiments patriotiques… cela enflamme vos sens. Vous vous sentez ridicule face à un tel homme qui vous sort cela avec un tel sérieux, un tel aplomb. C’était comme si ce genre de parole avait force de loi et en même temps, cette tranquille assurance au moment de les prononcer avait offert au soldat une telle conviction qu’elle fit bien vite le tour du camp. Bien assez vite pour pouvoir, dès le lendemain obtenir une ovation. Non pas que ce soit le but, mais le principal était là : les troupes étaient galvanisées. Pas besoin de long discours, juste besoin d’une phrase forte, une phrase puissante qui les rallieraient. Ajoutez à cela des victoires bien menée, et vous ne vous étonnez pas que les militaires l’admirent en mase et le respectent vraiment…
Enfin bref. Ils avaient du raser un village, il l’avait fat sans le moindre remord, mais avait quand même prié Allah pour l’âme des défunts. Il avait un minimum de principes. Mais la colonne de prisonniers qui seraient venus en esclavage était assez grande pour rendre la mise à sac rentable. L’ennui, c’était qu’une colonne comme celle-ci était forcément bien ralentie. Et ce fut là, la grande erreur de Shawn.
L’embuscade était bien préparée et ils les avaient vu venir bien à l’avance. Le chemin le plus court pour la prochaine oasis passait dans un défilé. Certes c’était l’endroit parfait pour se faire avoir. Azar le savait. Mais vu leurs ressources d’eau, il n’avait pas le choix. Pas vraiment. De part et d’autre du défilé avait surgit les rebelles avec des arcs et des flèches à profusion. Oh, certes, la troupe était trop nombreuse pour être attaquée en entier, mais ils avaient visé juste le tronçon de commandement où Shawn, pour une fois, chevauchait, au lieu de marcher parmi ses hommes, sa Libyenne en croupe, accrochée à lui comme un mollusque à un rocher.
Il avait assisté à un vrai massacre, massacre de ses propres troupes sous les traits furieux des rebelles nomades avant d’entendre un cri de douleur. Une flèche l’avait loupé mais avait fini dans l’abdomen de la jeune femme. Cette flèche fut suivie par deux autres, une autre qui parvint jusqu’à la poitrine de son épouse, et l’autre qui perça le flanc droit d’Azar. Il vida les étriers, entrainé par le poids de son épaouse qui tombait. Autour d’eux, le carnage avait cessé, il n’y avait plus personne debout. Et devant lui, son épouse agonisait. Et c’était sa faute, parce qu’il avait cédé – comme toujours - à ses caprices. De même que si tout le monde était mort c’était aussi pour une bonne partie de sa faute, sans prisonniers, sans doute que cela ne serait pas arrivé.
Elle avait les yeux vitreux et un peu de sang s’écoulait de la commissure de ses lèvres. De ses cheveux de miel un mince filet d’ichor s’écoulait aussi. Azar, pour sa part, avait senti la flèche passer entre deux de ses côtes, mais il arrivait à respirer sans trop de mal. Pas de poumon perforé sans doute, c’était une chance, mais en cet instant, il vait compris quelque chose de simple : il aurait volontiers échangé leur place s’il l’avait pu.
Concernant le fait de réussir à se lever…. Il ne fallait pas pousser non plus mémé dans les orties. La flèche était profondément enfoncée. Il essaya plusieurs fois avant de demander dans le silence typique des carnages qu’on l’aide. Mais elle ne vint pas vraiment de là où on le pensait. Ce fut l’ennemi qui le trouva et l’emmena. Oh, certes, pas pour être esclave, mais pour être otage et sans doute échangé contre une rançon. Il perdit bien vite connaissance et ce fut un oubli miséricordieux qui put le soustraire à cette présence désagréable et à la pensée des derniers instants.
Il fut réveillé par plusieurs lites d’eau qui vinrent s’écraser avec force sur son visage et son torse, désormais nu. Il était enchainé sans pouvoir se lever ou se coucher. Il était à genoux, bras écartés reliés à des chaines qui étaient fixées à des anneaux profondément fichés dans le mur, les pieds aussi enchainés et attachés à même le sol de sorte qu’il était immobilisé ainsi. Il n’y avait pour toute lumière qu’une bougie à la flamme vacillante à l’autre bout de la pièce. Sans doute était-il dans une grotte. Plus précisément, il n’aurait su le dire, mais les murs de sa prison étaient taillés à même la roche. Il n’avait pas de fenêtres et y perdit vite la notion du temps. Il mangeait le jour et le reste ? Bonne question aucune idée. Il ne chercha même pas à connaitre quoique ce soit qui aurait pu le plonger davantage vers la folie. Il n’avait pour toute compagnie qu’un homme dont il n’apercevait jamais le visage qui lui posait des questions qu’il n’arrivait même plus à entendre correctement au final. Oh, certes il avait été soigné convenablement, mais bon, il ne pouvait clairement pas parler de confort.
Mais bon, pas d’exercice physique, du pain rassis et de l’eau croupie…. L’obligation de se vider sur place car il n’y a pas de quoi se déplacer pour faire ça dans un coin… de temps en temps on vidait bien la cellule de temps en temps, que l’on purifiait à grand renforts d’eau. L’odeur, lentement mais surement imprégnait les murs alors que de son côté, Azar sentait peu à peu ses forces diminuer jusqu’à devenir relativement proche de la définition de rachitique. Il avait même de la difficulté à garder conscience. En effet, il se sentait plus faible, tellement plus faible. Surtout qu’on l’empêchait de dormir, on le contraignait à rester éveillé. Qu’il commence à se laisser aller à un assoupissement et il sentait le cruel froid de l’acier lui glisser sur le corps, à un endroit ou à un autre…
Il errait ainsi aux limites de la folie, enfin, c’était ainsi qu’il trouvait le moyen d’expliquer les choses sans doute. Mais il n’était pas loin de la vérité au fond… Il n’y avait pas trente six manières de survivre à ce genre de torture, car oui, c’est de la torture. Au fur et à mesure du temps, il revenait toujours à faire la même chose en boucle : se raconter tous les souvenirs qu’il avait. Il estimait que c’était une chance pour ne pas perdre la raison. Il ne passa pas loin de la perdre pourtant. Quelques heures de plus et il aurait ans doute pu sombrer. Il ne savait même ce qu’ils comptaient faire de lui…

Il avait entendu des cris et des bruits d’aciers s’entrechoquant. Pourtant, il n’avait vu personne, en même temps, la flamme de la bougie venait tout juste de vaciller pour s’éteindre, plongeant enfin les lieux dans une obscurité des plus complètes. Il avait entendu un cri, et un effondrement. Un corps qui s’était affaissé sous l’impact d’une arme sans doute une flèche. Puis il avait entendu un violent choc avant qu’une des chaines ne se brise, libérant un de ses bras. Et quand l’opération se fut répété Il s’était senti tomber, tête la première sa propre fange. Il y était resté quelques instants avant qu’on ne l’aide à se relever. Et vacillante, une flamme fit son apparition avant d’embraser une torche. Il en fut ébloui et ferma les yeux. Il avait juste aperçu deux silhouettes, dont l’une indubitablement féminine, certains détails ne trompant pas. Mais si il y avait une femme, il s’agissait d’une vraie garçonnière, pour la simple et bonne raison qu’elle n’avait pas du tout des mains féminines. Il n’avait senti que les mains calleuses de travailleurs et de soldats qui le soutenait. On lui avait alors placé un bandeau sur les yeux. Pour lui évité de devenir aveugle. En silence dans le sang, ils s’enfuir tous les trois au travers d’un dédale de sentiers. Il était tellement faible qu’on dut le porter la majeure partie du temps. Douce libération.
Il voulu crier de joie quand il avait senti l’air frais sur son visage, mais tout ce qu’il était parvenu à exprimer avait été un râle. A force de se taire, de peu parler, il fallait se réhabituer, dérouiller les cordes vocales en fait. Mais ce n’étaient pax eux qui semblaient prêt à l’aider pour cela. Bien au contraire. Ils étaient muets comme une tombe. Pas de mots d’encouragement, juste, quand il frissonnait la nuit, deux corps qui se pelotonnaient contre le sien et il s’endormait.
Il commençait à lentement retrouver des repères temporels. En effet, le tissu bien qu’épais, laissait filtrer assez de lumière pour qu’il distingue le jour de la nuit. Environ dix jours après sa première bouffée d’air pur, on lui retira le bandeau. Il n’avait jamais rien vu d’aussi beau. C’était comme s’il n’avait jamais vu de lever de soleil de sa vie. Il voyait un phénomène anodin et habituel avec un œil neuf, avec un regard d’enfant, avec émerveillement. Le ciel avait perdu de ses ténèbres et le soleil avait percé l’horizon, l’avait transpercé de ses rayons chaleureux qui illuminaient les sables du désert. Il en avait pleuré et en avait ri, et sans doute touchés par ce comportement de renaissance, il avait eu droit pour toute attention qu’ne bourrade affectueuse de ses deux compères et la nuit suivante ils parlèrent.
Ils s’étaient arrêtés dans une petite oasis et avaient sortis les couvertures, trois couvertures bien misérable, mais tous les châteaux du califat ne pouvaient remplacer la liberté qu’ils avaient atteint en cet instant ! Il n’y avait qu’une seule noirceur au tableau. Il manquait la seule personne avec qui il aurait voulu partager ce moment.
Ils étaient assis autour d’un feu qui semblait petit mais vigoureux. Ils avaient réussis à attraper de quoi manger et ils avaient commencé àaparler. D’abord pour se présenter. Auctor, c’était ainsi que s’appelait l’homme. Grand et bien bâti, il avait le crâne soigneusement rasé, et de ce qu’il avait vu, pas un seul poil sur le visage, même pas le moindre brin de moustache ou de barbe. Ses bras étaient plus épais que les cuisses d’un homme normal. La femme, Iseldra était plus fine mais tout aussi robuste. Il les avaient vu s’entrainer ensemble et il savait qu’elle mettait une raclée à Auctor quand elle le voulait. Elle était aussi fine et agile qu’un écureuil, et possédait, comme pour compenser son manque de beauté physique, une promptitude à agir, tel un serpent.
Azar lui-même se refaisait une santé et commençait à reprendre du poil de la bête, et ce fut par ce genre de sujet qu’ils commencèrent par parler. Sa santé qui semblait aller mieux. Il pouvait marcher avec eux, faute de courir aussi longtemps. Mais ils semblaient le dévisager de manière intense, comme s’ils voyaient un fantôme…
Il leur avait demandé pourquoi ils le dévisageaient ainsi. Ils avaient semblé se consulter du regard, c’était comme si temporairement ils communiquaient par la pensée. Cela avait été particulièrement désagréable… Il s’était senti exclu, mis de côté, et ça n’avait rien d’agréable. Puis, finalement, elle avait lâché un soupir et dit à l’homme, Auctor, de tout dire, puisqu’il était tellement persuadé d’avoir entièrement raison !
Auctor avait commencé par’ lui dire qui étaient ses sauveurs. Il avait alors cru qu’oin se fichait de lui. Un autre monde au-delà d’un voile, un monde derrière le monde… un monde d’où ils venaient tous les trois. C’était forcément une fadaise ! Il était né dans les faubourgs de Gazorhàn, d’un soldat et d’une putain. C’était forcément un mensonge, un mensonge éhonté et qui n’avait d’autres buts que de le déstabiliser. Surtout qu’il n’y avait aucune raison que le jeune homme soit comme eux. Vu comment il avait trimé et la facilité avec laquelle les deux personnages qui lui faisaient face étaient entrés dans les cellules pour l’en sortir. D’ailleurs, qui leur avait doit où il était ? Il l’avait trouvé sur ordre de ses deux pères qu’ils lui avaient répondu. Cette réponse l’avait laissé plus ou moins sans voix, il ne comprenait pas vraiment ce qu’ils entendaient par là, mais comme toute preuve de vérité, Auctour lui tendit une aiguille, longue de presque une quinzaine de centimètres, en acier, lui ordonnant de la lui planté dans l’aine ou dans la gorge, qu’il n’y avait aucun danger pour lui, et c’était une bonne manière de prouver ses dires. A contrecœur, il la lui planta dans le corps, mais pas dans la gorge. Il transperça l’aine, la main fermement tenue par la jeune femme, sans doute la compagne de celui-ci. Il commença à se vider de son sang et eut mle teint de plus en plus blafard. Sa compagne ne semblait pas plus émue que cela, comme si c’était monnaie courante.
Quand le lendemain, Auctor se leva comme si rien ne s’était passé, comme si tout s’était déroulé à la perfection, comme s’il avait passé une bonne nuit de sommeil. Et sans doute que cela avait du être agréable comme nuit, encore une fois, ils avaient dormi entassés les uns sur les autres à cause du froid du désert. Oui, un désert, c’est froid la nuit. Mais à l’aube, ils n’étaient pas partis de l’oasis, ils y étaient restés et avaient discuté. Avouez que cette dernière expérience était curieuse. Il avait bien vu l’aiguille percer l’aine et la fémorale… quoi de plus naturel d’être intrigué ? Certes, il avait aussi un peu peur, il l’admettait bien volontiers ! Mais son avidité de connaissance, son envie d’en savoir plus, sa curiosité l’avait emporté sur la frayeur du « qu’est-ce que c’est que ça ! », donc il avait décidé d’n savoir plus et les avait écouté parler de leur peuple, les Britlingans, des hommes et des femmes formés toute leur vie à être les meilleurs combattants possibles. Jamais encore ils n’avaient été égalés, et jamais ils ne le seraient sans doute… Belliqueux de nature, le jeune homme avait voulu des preuves, et pour cela, rien de plus facile, il avait voulu affronter le Britlingan dans une forme de lutte. Son ego en prit un sacré coup. En mois de temps qu’il en fallait pour le dire, il fut réduit à l’état de mangeur de sable sous le poids de l’homme. Iseldra lui proposa bien de changer et de prendre part à une lutte avec elle. Mais il avait assez avalé de sable pour aujourd’hui, trouvait-il.
Ils continuèrent à parler de Britlinga jusqu’à très tard dans la nuit, et le lendemain, Auctor lui demanda s’il était convaincu qu’il ne racontait plus de salades. Force était de constater qu’en effet, il avait radicalement changé de point de vue depuis le début de la conversation. Alors Iseldra se leva et regarda Auctor les yeux dans les yeux. Lui demandant s’il était sur de vouloir faire ça, peu importe ce qu’il lui en couterait. Auctor répondit que oui, alors, Iseldra, déclara que non, prit sa propre arme, une sorte de paire de poignards assez étrange et mit fin à ses jours… Azar était éberlué, ne comprenant pas ce qui venait de se passer, il voulut interroger Auctor, mais devant les larmes de celui-ci, il préféra le laisser un peu seul avec la dépouille de sa compagne, s’éloignant alors qu’il lui offrait une sépulture décente, enterrant son corps mais gardant ses armes. Puis, il rejoignit le fils de l’émir pour lui parler. Sa voix était plus grave que d’habitude. Il lui expliqua ce geste. Les Britlingans, outre le fait d’être de grands guerriers, étaient aussi des gens d’honneur. Aussi, Iseldra avait refusé de choisir entre son roi et sa mission. Lui, il acceptait d’être un paria pour servir son roi, quitte à se déshonorer en ne menant pas à bien la mission.
Azar doutait d’être chez lui là bas, mais sa soif de découverte l’emporta sur tout le reste et il se jeta la tête la première là dedans. Le soldat sortit une sorte de petite amulette ressemblant à deux serpents entrelacés autour d’une épée et tendit l’aiguille au jeune homme. Pour continuer, il allait devoir verser son sang sur l’amulette, car seul le sang d’un prince pouvait leur permettre de rentrer là bas sans sorcière ou fae. Il se piqua le doigt et enduisit l’amulette avec quelques gouttes de sang avant qu’Auctor ne lui retire l’amulette des doigts et prononce des paroles dans une langue qu’il ne connaissait pas mais qu’il dut répéter. L’amulette vibra et il entendit le bruit que fait un tissu qui se déchire et c’était comme si un pan d’air disparaissait pour s’ouvrir sou ailleurs, comme une porte ou un portail.
Auctor le poussa dedans sans grand ménagement, le paysage changea du tout au tout.

Il ne s’agissait plu d’un désert, mais d’un terrain de terre battue, entretenue avec soin. On aurait dit un camp militaire ! Des bâtiments de brique, nues. Et plus loin entendait clairement le bruit des manœuvres, aussi, aucun doute n’était permis. Mais Auctor ne l’emmena pas en direction es manœuvres. Il lui fit faire demi-tour et il resta stupéfait ! Une cité ouvrait ses portes face à lui. Entièrement faite de matériaux nobles trahissant la richesse économique du pays. Mais elle avait toutefois un côté triste, un côté assez spartiate. Pas de fleurs pou de fantaisie, mais la ville était propre et pas un pavé était plus élevé que les autres. La construction de la cité elle-même trahissait une forme de rigorisme militaire. Mais au moins, elle était propre, parfaitement propre. On l’emmena au travers des grandes artères de la ville. Il put en voir la beauté.
Il y avait deux parties principales. La première, de pierre grise était la ville basse. Et en son cœur se trouvait comme une enclave, comme une forteresse de murs blancs. Ils appelaient cela La ville haute, très banal, mais la forteresse haute aurait été plus appropriée. Il s’agissait d’une sorte de cité fortifiée en calcaire avec au milieu un palais. Non, le terme palais était exagéré. Auctor lui expliqua que l’austérité présente était due au monarque qui avait décidé qu’il n’y avait aucune raison démettre de l’or partout, c’était inutile. Il y avait certes beaucoup de confort, mais il avait toujours préféré l’aspect spartiate à tout autre ! Un vrai soldat, un dirigeant qui savait se faire respecter et craindre, une main de fer et un gant de velours. Bon, apparemment, son épouse avait le don d’adoucir le côté relativement emporté du roi. Personne n’était parfait. Mais il restait relativement aimé. Le couple savait comment diriger.
Il fut introduit après presque cinq heures d’attentes dans la salle d’audience. Il y avait quelques courtisans, même s’ils n’étaient pas très nombreux, il fallait reconnaître qu’ils étaient très bien vêtus, de manière assez sobre pourrait-on croire, mais plaire au roi était bien leur rôle, non ? Mais apparemment le roi n’avait pas vraiment cherché à s’entourer énormément. C’était ainsi que les révoltes commençaient… enfin bref. Une femme d’un âge relativement avancé. A droite du roi, un homme se tenait debout, il avait l’ai relativement jeune, sans doute son âge. Il avait un cou de taurea&u, il semblait aussi fort qu’un bœuf, et était vêtu avec une armure de cuir clouté. Il se tenait droit comme un i, le regard perçant, mais en même temps, assez doux. On aurait presque dit un regard paternaliste sur l’assemble. En retrait derrière, il y avait encore quelqu’un qui lui ressemblait, sauf avec des cheveux courts et nettement plus musclé que lui, mais il y avait quelque chose dans son regard qui faisait écho de son côté, peut-être parce qu’il ressemblait beaucoup au sien !
Le roi prit la parole pour demander ce qui se passait et pourquoi il était là. Auctor posa un genou à terre, racontant la mission. Comment il avait enquêté avec Iseldra et comment il avait fait pour finalement trouver la cible et l’extraire du lieu de détention, il expliqua l’état d’Azar à la sortie, ses doutes, ceux de sa compagne, et comment ils avaient décidé de la marche à suivre. Puis il développa sur le fait qu’il assumait les conséquences de ses actes et était prêt à mourir pour cela.
Au fur et à mesure, une petite voix émue se mit à sangloter légèrement, puis, dans une sorte de tourbillon de feu et d’azur une femme qui devait approcher de la cinquantaine, quelques cheveux blancs éparpillés dans sa chevelure flamboyante courut et se jeta sur Azar, lui parlant une langue qu’il ne connaissait pas mais qu’un interprète lui traduisait au fur et à mesure. Il était la chair de sa chair. Il s’agissait de sa mère biologique. Emu, il l’enlaça et pleura légèrement lui aussi. Finalement ils furent séparés quand le roi lui demanda de se lever. Il obéit, instinctivement. Cet homme avait l’instinct du commandement et avait une sorte d’aura de prestige qui le remplissait d’une autorité naturelle et terriblement efficace, on sentait dès qu’on le croisait qu’il serait difficile de lui désobéir. On avait envie de lui obéir, pas par envie, mais parce qu’il vous donnait l’impression qu’il était impossible d’agir autrement.
Il parla. Il avait une voix grave et posée, de ceux qui ont vu beaucoup de choses, qui on en vécu pas mal d’autres, et qui en ont tiré de précieux enseignements. Il avait une certaine forme de sagesse au coin des yeux. Une sagesse qui ne faisait naitre qu’un maitre mot dans son esprit : respect, quoique non, un autre mot se greffait à cela : admiration. Oui, il avait de quoi être admiré. Il s’approcha d’Azar en lui donnant son véritable nom, le nom du prince qu’il aurait du être dès la naissance, un nom donné à partir d’un très grand général de Rome : Scipion ! Il avait servi avec lui et se souvenait du genre d’homme qu’il était. Et dieu sait qu’il avait mérité de l’admiration. Il s’était alors promis d’appeler un de ses descendants ainsi, et il proposa ce choix à son fils pour son deuxième né qui l’accepta avec plaisir (même s’il n’en dit pas autant lors de l’entrevue, ce fut ce qu’il apprit quelques heures plus tard quand sa mère et lui purent à nouveau parler), il lui prit le poignet le serra dans sa main, alors que Azar/Scipion lui rendait le salut de la même manière. Il lui présenta son fils, qui était le père d’Azar, Goran, qui règnerait quand le temps serait venu, et le fils de celui ci, frère de notre prince, Afshar. Ainsi donc, ici aussi il avait une fratrie, et pas seulement là bas. Mais que devenait son existence là-bas ? Il s’en ouvrit à son père qui lui affirma sur un ton sans appel que là bas, il n’était rien et les deux Britlingans responsables de l’échec de la mission devaient être morts pour prouver l’échec de la mission. L’honneur ou la mort. Voilà l’une des règles d’or. Ainsi, il n’avait donc plus d’existence là-bas.
Il fut congédié après avoir entendu le sort que le roi réservait à Auctor: en sauvant son fils, il avait fait naitre une dette : le roi était son débiteur. Il épargnait la vie du soldat contre la vie de son fils. Une voie contre une vie, la dette, définitivement payée. Il fut seulement condamné à l’exil, il n’aurait plus droit de séjour dans la capitale du royaume. Pis encore, il n’avait plus le droit d’exercer son métier de mercenaire, il était oublié de l’élite et devait rendre son arme qui serait conservée ailleurs. Cette règle était valable à vie. Et tout souverain qui lèverait la sentence serait démis de ses fonctions dans l’instant (comme le voulait la phrase usuelle. Issue de la tradition.
Dès le lendemain on le plongea dans les mœurs de Britlinga. On commença à le former, à l’entrainer, d’abord dans les langues, us, et coutumes de son peuple d’origine et ensuite sur le plan militaire. Père avait un nouveau fils et refusait qu’il y ait un des deux qui ne soit pas de l’élite. Il n’y avait pas d’autres voies possibles que l’excellence, pour retenir un dicton populaire Britlingan.
Comme il l’apprit bien vite, la société Britlingan se divisait en plusieurs castes bien précises.
l’élite des Britlingans, Guerriers farouches et imbattables, ils collectionnaient les cicatrices comme des preuves de gloire et certains allaient même jusqu’à les colorer avec es poudres pour les faire ressortir, d’ailleurs, les pictes les imitèrent bien plus tard, mais bref. Immortels, presque invincibles, les assassins parfaits, les chevaliers par excellences, en bref, la crème de la crème, le fin du fin. C’était à eux que son père voulait qu’il appartienne. C’était aussi simple que cela.
(La suite au post suivant !)



Allez encore quelques petites questions?



Le principe est simple, ici il vous suffit de répondre du tac au tac le première chose qui vient à l'esprit de votre personnage...

¤ Mer ou Montagne? Montagnes
¤ Les enfants c'est La plaie
¤ Quelle couleur? Pourpre
¤ Un moyen de locomotion? à pied/moto
¤ Une arme? Chakram
¤ Le courage c'est Le seul moyen de vivre dignement
¤ Bien ou mal? Les deux, je ne suis pas manichéen
¤ La gentillesse, la compassion c'est Une belle qualité à utilité limitée
¤ Sucré ou salé? Amer
¤ La hiérarchie pour toi c'est L’ordre, l’harmonie, la bonne marche du monde.
¤ Fidèle ou infidèle? Fidèle en amitié, en amour copmme à la guerre tout est permis
¤ La rancune pour toi c'est Une excellente motivation
¤ Hommes ou femmes? Femmes
¤ Le sexe pour toi c'est Une détente.
¤ La religion pour toi c'est Une manière de se rassurer
¤ Plantes ou animaux? Plantes, c’est mopins contraignant
¤ Tension ou passion? Tension, la passion fait perdre la raison
¤ L’honnêteté c'est... Quelque chose qui mérite attention, mais à manier avec précaution.
¤ Seul ou accompagné? Tout dépend de la compagnie
¤ La confiance pour toi c'est Une utopie
¤ Le jour ou la nuit? La nuit
¤ L'amour c'est Une erreur
¤ Juge, jury ou bourreau? Juge
¤ Le surnaturel c'est Une aberration lexicale, on est naturel ou artificiel.
¤ Humain, Loup, Vampire? Loup
¤ Le mot de la fin? Je l’aurai toujours

Au joueur/A la joueuse de nous parler de lui à présent.

₪ Prénom ou Pseudo; Amaury, dit « Le chieur » (si, si, demandez à Leda)
₪ Âge; 22 ans
₪ D'où viens-tu?; D’ici, et là, la France est si vaste…
₪ Que penses-tu du forum? Bah je me suis inscrit, non ? Alors forcément que je le trouve le fofo bien !
₪ Que penses-tu du design ? Superbe !
₪ Comment as-tu atterri ici? Léda !
₪ Double compte?Niet
₪ Votre avatar? jakegyllenhaal
₪ Briggs et moi? J’ai lu ses œuvres majeures
₪ Autre chose à ajouter? Niet
₪ As-tu signé le règlement ?
Spoiler:


₪ Que faire de moi?
Spoiler:


₪ Voulez-vous être parrainé? Niet
₪ LE CODE DU REGLEMENT;
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